Mes textes

L'écriture a été, bien avant la photographie, un moyen pour moi d'exprimer ce que je ressentais, d'extérioriser ce qui me faisait souffrir. Ce fut rapidement une nécessité, ce qui me permettait de tenir le coup. Mais c'était une activité solitaire, ce que j'écrivais n'étant absolument pas destiné à être partagé ou diffusé d'une manière ou d'une autre. C'était parti du journal intime de mon adolescence pour évoluer par des textes plus indépendants les uns des autres, plus poétiques.

Début 2002, j'ai eu connaissance de la création d'une association (Démodokos) qui commençait à organiser des soirées de “spoken word” (appelé abusivement slam) au Zem théâtre. Le principe était celui du micro ouvert. J'ai donc commencé à participer régulièrement à ces soirées et j'ai pris l'habitude d'y lire un texte. Ca m'a permis de travailler différemment mon écriture et de la désacraliser.

Ca me plaisait de venir écouter ce que faisaient les autres; de dire par l'intermédiaire d'une lecture ce que je ressentais, ce que j'avais envie de partager. En plus, dans le spoken word, le rythme est important, la scansion. C'était intéressant d'apprendre des autres sur ce point. Ca m'a décomplexée et rendue l'envie d'écrire plus naturelle, plus régulière.

J'écris quand même plutôt par périodes, en ce moment plus trop d'ailleurs, la disparition de l'association Démodokos y étant pour beaucoup. J'ai aussi du mal à prendre le temps de me poser, m'acharner sur le papier parce que malgré tout, écrire me demande une concentration et une implication énormes. Je suis rarement satisfaite de ce que je fais. C'est une activité qui m'apportait beaucoup mais que je faisais sans prétention, sans illusion sur la qualité de ce que j'écris.